Les 10 principales compétences requises pour la conduite d'aventure, avant les voyages de longue durée
Même si elles sont vendues comme des motos capables d’aller partout et de tout faire, vous connaissez sûrement beaucoup de propriétaires de trails qui salissent rarement leur moto, et qui s’aventurent encore moins vers l’inconnu.
Mais vous ne faites pas partie de ces gens-là. Du moins, vous n’en avez pas l’intention.
Partir pour un long voyage avec votre trail faisait partie des raisons qui vous ont poussé à acheter cette moto, et c’est exactement ce que vous allez faire. Vous savez que votre moto est prête à relever le défi. Mais vous, l’êtes-vous ?
Avant de partir pour votre long voyage, il y a quelques choses à savoir (et à maîtriser). Selon nous, ces 10 compétences sont indispensables pour tout voyage en trail, et surtout pour un long voyage.
Apprenez à relever une moto tombée (elle tombera)
Flash info : si vous roulez en trail assez longtemps, votre moto finira par tomber. Et comme un long voyage vous attend, il y a de fortes chances qu’elle se retrouve sur le côté. Savez-vous comment la relever si cela arrive ?
Le cas le plus simple, c’est une moto simplement tombée sur le côté, sur un terrain plat. Pourtant, sans entraînement, le réflexe est de se pencher en avant, de se plier à la taille et d’essayer de la soulever avec le dos. C’est non seulement très difficile, mais cela peut aussi vous abîmer sérieusement le dos.

Tournez plutôt le dos à la moto, descendez en pliant les genoux et non le dos, placez une main sur le guidon et l’autre sur une bonne prise (près de la selle ou du réservoir selon la moto), puis poussez avec vos jambes pour la soulever.
Dès que la moto commence à se lever, poussez contre le réservoir avec votre dos pour la redresser complètement. Si vous avez une GS, BMW vous facilite la tâche : les grosses culasses du moteur boxer servent d’appui pour soulever légèrement la moto et vous aider à démarrer le mouvement.
Si la moto est tombée sur son côté droit, vous avez peut-être de la chance. Une astuce consiste à déplier la béquille latérale avant de la soulever. Ainsi, une fois à la verticale, vous n’avez pas besoin d’être aussi prudent : la moto retombera sur la béquille latérale et restera debout.
Si une moto comme une BMW R 1250 GS est couchée sur son côté gauche, vous devrez bien sûr faire attention en approchant de la verticale, pour ne pas la faire basculer de l’autre côté.
Cette technique de base vous aidera à relever votre moto même si le terrain n’est pas idéal ni plat. L’essentiel est de vous rappeler de soulever non pas avec le dos, mais avec les jambes.
Réglez les commandes
Cela devrait être une évidence, quel que soit le véhicule. Même en voiture, la première chose que l’on fait en montant est de régler le siège pour être à l’aise et atteindre les pédales.
C’est la même chose à moto. Avant toute chose, asseyez-vous sur la moto et vérifiez que toutes les commandes sont confortables et faciles à atteindre.
Aujourd’hui, beaucoup de motos ont des leviers réglables, et c’est très bien. Si ce n’est pas le cas de la vôtre, pensez à en acheter en accessoire. Une fois la distance des leviers réglée à votre goût, réglez leur angle.
En règle générale, main en position gaz fermés, si vous tendez les doigts, ils doivent pointer vers le sol avec un angle de 45 degrés. Ce que vous voulez éviter, c’est d’avoir les mains et les doigts parallèles au sol quand vous atteignez les commandes.
Si c’est votre cas, desserrez les vis qui fixent les leviers au guidon, juste assez pour faire pivoter les commandes vers le bas.
Ne négligez pas non plus vos pieds. Une position naturelle des pieds pour le sélecteur et le frein arrière est également importante. Vous ne devez pas avoir à lever ou baisser le pied exagérément pour utiliser le sélecteur ou le frein. Chaque modèle utilise une tringlerie différente pour régler les commandes au pied, mais réglez-les pour que vos pieds soient placés naturellement pour les actionner.

L’équipement essentiel selon les conditions (surtout la pluie et le froid)
À l’approche de votre date de départ, consultez régulièrement la météo sur votre itinéraire. Avec un peu de chance, vous pourrez laisser quelques couches à la maison.
Cependant, il vaut toujours mieux être prêt à toutes les conditions. Il est facile de s’habiller plus léger quand il fait chaud, mais être mouillé et avoir froid à moto, c’est le pire.
Vous savez déjà qu’il faut porter un vrai ensemble veste et pantalon quatre saisons. C’est pratique, car il comporte déjà plusieurs couches, dont une couche étanche.
Certains ont même la membrane étanche intégrée directement dans la veste, ce qui fait gagner un poids et un encombrement précieux. Utilisez toutes les couches quand il fait froid ou humide, puis retirez-les selon vos besoins quand il fait plus chaud.
Souvent, la veste et le pantalon ne suffisent pas. Il est alors bon de porter des sous-couches en dessous. Vous avez le choix entre plusieurs options, mais évitez les matières à base de coton, qui retiennent l’humidité et sèchent lentement.
Les matières synthétiques, ou la laine mérinos par exemple, régulent bien mieux la température, sèchent beaucoup plus vite et prennent relativement peu de place quand vous devez les ranger. Les vêtements chauffants alimentés par le circuit électrique de votre moto sont une autre option pour rester vraiment au chaud.
Et tant qu’on y est, n’oubliez pas de garder la tête au chaud avec une cagoule, le cou avec un tour de cou (ou une autre protection), et surtout, n’oubliez pas vos mains et vos pieds.
Il existe des gants et des chaussettes chauffants, mais les modèles non chauffants en matières synthétiques sont aussi très nombreux.
Protégez votre moto
Vous vous souvenez quand nous avons dit plus haut que votre moto allait tomber ? Parfois, elle peut être endommagée dans la chute. Protégez-la. Heureusement, le marché de l’accessoire propose des protections pour presque tous les trails.
Les zones à protéger en priorité sont les leviers de frein et d’embrayage, le carter d’huile et le dessous de la moto, les couvercles de carter, le radiateur… en résumé, les commandes et le moteur.
Parfois, vous ne tomberez même pas, mais un rocher ou une racine semblera surgir de nulle part pour attaquer votre carter d’huile. Sans protection, votre journée serait vite terminée. Protégez ces pièces vitales et continuez à rouler.
Connaître l’usure des pneus et la bonne pression (PSI)
Les pneus sont le seul lien entre la moto et le sol : ils sont donc extrêmement importants. Nous le savons tous, mais beaucoup d’entre nous ont tout de même tendance à les négliger. Avant chaque sortie, longue ou courte, évaluez honnêtement l’état de vos pneus et vérifiez qu’ils sont adaptés au trajet prévu. Si vous ne savez pas, demandez à quelqu’un.
Et pendant qu’on y est, gardez un manomètre à portée de main. Il est petit, facile à ranger et indispensable. Des pneus gonflés correctement selon les conditions garantissent une bonne tenue de route et même une consommation de carburant optimale.
La bonne position sur route et en tout-terrain
Sur la route, il n’y a vraiment aucune raison de se lever. Restez assis, l’avant du pied sur les repose-pieds. Les bras doivent former un angle neutre devant vous (ni trop haut, ni trop bas) et rester détendus, avec une prise souple sur le guidon.
À l’approche d’un virage, regardez où vous voulez aller. Selon le rayon du virage, vous pouvez même déplacer vos fesses vers l’intérieur de la courbe.
En tout-terrain, c’est presque l’inverse. Vous serez debout la plupart du temps, toujours avec l’avant du pied sur les repose-pieds (nous y revenons au point suivant).
Rouler debout sur les repose-pieds
Si vous avez peu roulé debout, c’est une technique de trail utile à apprendre. Sur la terre, vous mettez du poids sur le repose-pied extérieur et vous poussez en quelque sorte la moto loin de vous pour tourner.
Rouler debout (plutôt qu’assis) permet à la suspension de la moto d’absorber toutes les bosses sans vous secouer dans tous les sens (vos bras et vos jambes pliés servent aussi de suspension). C’est aussi un avantage si vous rencontrez un obstacle soudain et imprévu que vous devez franchir. Debout, vous gardez un meilleur contrôle.
Apprendre à monter et descendre les pentes
Rouler en pente peut être délicat, surtout pour démarrer en côte à l’arrêt. Certaines motos récentes ont une fonction d’aide : elles détectent que vous êtes en pente et vous empêchent de reculer pendant que vous dosez l’embrayage et l’accélérateur.

Si votre moto n’a pas cette fonction, la méthode à l’ancienne consiste à garder le pied sur le frein arrière pour ne pas reculer, puis à doser l’embrayage et l’accélérateur.
Une fois en mouvement, monter une pente en tout-terrain demande de la finesse et un bon jeu de corps. Prenez de l’élan si vous le pouvez. Ensuite, il faut placer votre corps vers l’avant ou vers l’arrière pour garder une motricité optimale, sans couper les gaz.
La descente est plus facile à certains égards, car la gravité fait une partie du travail. Mais il s’agit toujours de gérer l’adhérence grâce à la position de votre corps (c’est pour cela que vous êtes debout).
Cette fois, au lieu de jouer avec l’accélérateur, vous utilisez les freins (les deux) pour diriger la moto là où vous voulez aller.
Maîtriser le point de patinage de l’embrayage
Être à l’aise avec le point de patinage de l’embrayage est une compétence de base pour apprendre à rouler à moto. En tout-terrain, c’est encore plus important.
Gérer l’adhérence devient un équilibre délicat entre l’accélérateur et les freins, mais l’accélérateur ne sert à rien si l’embrayage ne transmet pas la puissance au pneu.
Si vous connaissez parfaitement le point de patinage, vous pouvez doser précisément la puissance envoyée au pneu, surtout si votre main droite est un peu lourde.

Comment installer un campement
Enfin, apprenez à installer un campement. Vous avez fait le travail difficile (et agréable) de vous éloigner de tout : il est temps de vous détendre et de profiter du résultat. Il reste juste une dernière étape : installer le camp.
Nous expliquons précisément comment choisir un emplacement et quoi faire une fois sur place dans cet article.
Pour conclure
Cette liste peut vous sembler intimidante. Cela paraît beaucoup à apprendre, mais tout devient très vite naturel. Et si vous partez à l’aventure avec des voyageurs ou des motards plus expérimentés, vous apprendrez ces conseils à leur contact. C’est le moment idéal pour partir : lisez et appliquez ces conseils, et profitez bien de votre prochaine aventure !